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🇫🇷 Loi Waserman 2022

Loi Waserman : guide complet du dispositif d'alerte en France.

La Loi Waserman du 21 mars 2022 transpose la Directive UE 2019/1937 et renforce la protection des lanceurs d'alerte en France. Découvrez qui est concerné, les obligations clés (référent alerte, délais, anonymat), les sanctions et comment mettre en place un canal conforme en quelques minutes.

Définition

Qu'est-ce que la Loi Waserman ?

La Loi Waserman (loi n° 2022-401 du 21 mars 2022) est venue renforcer le dispositif de protection des lanceurs d'alerte créé par la Loi Sapin II en 2016. Elle transpose la Directive UE 2019/1937 et élargit l'obligation de mettre en place un canal de signalement à toutes les entreprises de 50 salariés et plus, contre 500 auparavant. Elle renforce la protection des lanceurs (anonymat, interdiction des représailles, soutien financier, psychologique et juridique) et crée la figure du référent alerte.

Êtes-vous concerné ?

Critères d'éligibilité à la Loi Waserman.

Toutes les entreprises de droit privé situées en France employant au moins 50 salariés au dernier exercice clos sont tenues de mettre en place un dispositif d'alerte conforme à la Loi Waserman. Les seuils s'apprécient au niveau de chaque entité juridique française, y compris les filiales de groupes étrangers et les établissements stables. Les entités de droit public de plus de 50 agents sont également concernées par des dispositions similaires dans le Code général de la fonction publique.

Personne morale de droit privé

Sociétés, associations, fondations, GIE, mutuelles disposant d'au moins 50 salariés en France au dernier exercice clos.

Effectif d'au moins 50 salariés

Calculé selon les dispositions du Code du travail (équivalents temps plein). Pour les groupes, appréciée au niveau de chaque entité juridique française.

Siège ou activité en France

Les entités établies sur le territoire français sont soumises, y compris les filiales de groupes étrangers et les établissements stables.

Le référent alerte

Le rôle du référent alerte, pilier de la Loi Waserman.

La Loi Waserman rend obligatoire la désignation d'un référent alerte — une personne physique chargée de recevoir les signalements, de les traiter et d'en assurer le suivi. Il peut être interne à l'entreprise, mutualisé entre plusieurs entités d'un même groupe, ou externalisé auprès d'un tiers de confiance. Il dispose de moyens techniques, de formations et d'une indépendance de fonction.

Réception et accusé

Accuse réception du signalement sous 7 jours ouvrés et oriente le lanceur d'alerte vers les suites données.

Traitement confidentiel

Garantit la stricte confidentialité de l'identité de l'auteur du signalement, de la personne visée et des faits.

Suivi et retour d'information

Informe le lanceur d'alerte des mesures envisagées dans un délai de 3 mois à compter de l'accusé réception.

Obligations clés

Les 6 obligations imposées par la Loi Waserman.

Canal de signalement sécurisé

Mettre à disposition un canal (physique ou numérique) accessible aux salariés, partenaires, sous-traitants et candidats.

Anonymat technique

Garantir la confidentialité et, lorsque c'est techniquement faisable, l'anonymat du lanceur d'alerte.

Référent alerte désigné

Nommer un référent alerte formé, indépendant et doté de moyens pour exercer sa mission.

Délais encadrés

Accusé réception sous 7 jours ouvrés et retour d'information dans un délai de 3 mois maximum.

Interdiction des représailles

Protéger le lanceur d'alerte contre tout licenciement, mesure discriminatoire ou atteinte à sa réputation.

Conservation et traçabilité

Conserver les signalements et leurs suites dans des conditions garantissant sécurité, confidentialité et auditabilité.

Procédure

Procédure type de traitement d'un signalement Waserman.

Quatre étapes encadrées par la loi pour garantir la conformité et la protection du lanceur d'alerte :

1

Réception et accusé (J+0 à J+7)

Le référent alerte accuse réception du signalement dans un délai maximal de 7 jours ouvrés. Il vérifie la recevabilité (vraisemblance, intérêt légitime, absence de conflit d'intérêts) et la complétude.

2

Instruction et orientation (J+7 à J+1 mois)

Recueil d'éléments complémentaires si nécessaire, orientation vers les autorités compétentes (CNIL, HATVP, procureur de la République, autorités européennes). Mesures conservatoires si nécessaire.

3

Enquête et vérification (J+1 à J+2 mois)

Audition des parties, recueil de preuves techniques, confrontation éventuelle des éléments. Le lanceur d'alerte peut compléter son signalement à tout moment.

4

Retour d'information et clôture (au plus tard J+3 mois)

Communication au lanceur d'alerte des mesures envisagées ou prises, des suites données au dossier, et des raisons justifiant l'absence éventuelle de suites. Clôture documentée du dossier.

Sanctions

Les sanctions en cas de non-conformité à la Loi Waserman.

Trois régimes de sanctions coexistent. Le non-respect des obligations expose l'entreprise, ses dirigeants et les auteurs de représailles à des poursuites pénales, civiles et administratives.

Personnes morales (entreprises)

Jusqu'à 250 000 € d'amende, dissolution judiciaire, interdiction d'exercer, affichage de la décision, perte des subventions publiques pendant 5 ans. Le juge peut doubler l'amende si l'auteur du manquement est une personne physique (dirigeant).

Personnes physiques (dirigeants)

Jusqu'à 1 an d'emprisonnement et 15 000 € d'amende pour entrave au fonctionnement du dispositif d'alerte, divulgation de l'identité du lanceur, ou représailles.

Lanceur d'alerte victime de représailles

Nullité de plein droit de la mesure de rétorsion, réintégration de droit en cas de licenciement, dommages-intérêts intégralement compensatoires, prise en charge des frais de justice par l'auteur des représailles.

Ce qui ne suffit pas

Les solutions qui ne couvrent pas les obligations Waserman.

Beaucoup d'organisations croient être en conformité avec un simple dispositif interne. Or, plusieurs configurations courantes ne satisfont pas aux exigences de la loi :

Une boîte e-mail générique

Aucun accusé réception sous 7 jours, pas de traçabilité, vulnérable au piratage et à la fuite d'identité.

Un formulaire maison

Sans chiffrement ni politique de confidentialité, le formulaire expose le lanceur d'alerte et engage la responsabilité de l'entreprise.

Une hotline téléphonique externalisée

Le coût est élevé, la confidentialité dépend du tiers, et l'anonymat technique n'est pas garanti.

Rien du tout

L'absence de canal est l'infraction la plus sanctionnée : jusqu'à 1 an d'emprisonnement et 250 000 € d'amende pour les personnes morales.

Un canal réservé aux managers

Le canal doit être ouvert à tous (salariés, sous-traitants, candidats, actionnaires). Le réserver aux cadres viole la loi.

Une politique écrite sans canal opérationnel

Avoir une procédure écrite ne suffit pas : la loi exige un canal réellement fonctionnel, testé et documenté.

Waserman vs Sapin II

Ce que la Loi Waserman change par rapport à la Loi Sapin II.

La Loi Sapin II avait posé les premières pierres du dispositif. La Loi Waserman l'a renforcé, élargi et aligné sur le droit européen. Les évolutions majeures :

Seuil d'obligation

Sapin II : entreprises de 500+ salariés. Waserman : dès 50 salariés.

Champ des lanceurs d'alerte

Waserman étend la protection aux sous-traitants, freelances, candidats et actionnaires.

Anonymat

Sapin II prévoyait la confidentialité ; Waserman ajoute l'anonymat « lorsque cela est techniquement possible ».

Protection et soutien

Waserman introduit le soutien financier, psychologique et juridique du lanceur d'alerte.

Glossaire

Vocabulaire clé de la Loi Waserman.

Sept termes à connaître pour comprendre et appliquer la loi :

Lanceur d'alerte
Personne physique qui signale, dans l'intérêt général, des informations sur un crime, un délit, une violation du droit de l'Union européenne, ou une menace pour l'intérêt public.
Signalement
Acte par lequel le lanceur d'alerte transmet des informations sur une violation. Le signalement peut être nominatif ou anonyme, interne ou externe.
Référent alerte
Personne désignée par l'entité pour recevoir et traiter les signalements. Doit être formée, indépendante, et disposer de moyens techniques. Peut être mutualisée entre entités d'un groupe.
Représailles
Tout acte de rétorsion contre un lanceur d'alerte : licenciement, mesure disciplinaire, discrimination, atteinte à la réputation, perte de clientèle, ou tout autre préjudice.
Conflit d'intérêts
Situation dans laquelle l'intérêt personnel du référent alerte pourrait compromettre l'exercice impartial de sa mission. Le référent doit se déporter si un conflit existe.
Intérêt légitime
Condition de recevabilité : le lanceur d'alerte doit agir de bonne foi et dans l'intérêt général, sans recherche d'avantage personnel.
Anonymat technique
Garantie technique que l'identité du lanceur d'alerte n'est pas collectée ni traçable via le canal (absence d'IP, cookies, logs d'accès). Distinguée de la simple confidentialité.

Sources officielles

Textes et autorités de référence.

Pour aller plus loin, consultez les textes officiels et les guides des autorités compétentes :

CNIL — Guide de l'alerte professionnelle

Recommandations de la Commission nationale de l'informatique et des libertés sur la mise en œuvre d'un dispositif d'alerte conforme au RGPD et à la loi.

cnil.fr/fr/alertes-professionnelles

Défenseur des droits — Protection des lanceurs d'alerte

Rôle du Défenseur des droits dans la protection, l'orientation et la défense des lanceurs d'alerte en France.

defenseurdesdroits.fr/lanceurs-dalerte

Directive UE 2019/1937 (texte officiel)

Directive sur la protection des personnes qui signalent des violations du droit de l'Union, que la Loi Waserman transpose en droit français.

eur-lex.europa.eu/.../32019L1937

FAQ

Questions fréquentes sur la Loi Waserman.

Qu'est-ce que la Loi Waserman en résumé ?+

La Loi Waserman (loi n° 2022-401 du 21 mars 2022) transpose la Directive UE 2019/1937 et renforce la protection des lanceurs d'alerte en France. Elle impose aux entreprises de 50 salariés ou plus de mettre en place un canal de signalement sécurisé, de désigner un référent alerte, et de respecter des délais stricts (7 jours pour l'accusé de réception, 3 mois pour le retour d'information).

La Loi Waserman remplace-t-elle la Loi Sapin II ?+

Pas entièrement. La Loi Sapin II reste en vigueur pour ses dispositions anti-corruption (cadeaux, conflits d'intérêts, déclaration d'intérêts). Mais toutes les dispositions relatives au dispositif d'alerte et à la protection des lanceurs d'alerte sont désormais régies par la Loi Waserman, qui s'y est substituée depuis le 1er septembre 2022.

Quelles entreprises sont concernées par la Loi Waserman ?+

Toutes les entreprises de droit privé de 50 salariés ou plus situées en France, ainsi que les administrations et entités publiques de 50 agents ou plus. Certains secteurs peuvent être soumis à des seuils inférieurs (10 à 49 salariés) par décret sectoriel. Les grandes entreprises de plus de 500 salariés restent évidemment concernées.

Quels sont les délais imposés par la Loi Waserman ?+

Le référent alerte doit accuser réception du signalement dans un délai de 7 jours ouvrés à compter de sa réception, puis informer le lanceur d'alerte des mesures envisagées dans un délai de 3 mois à compter de cet accusé de réception. Le non-respect de ces délais peut engager la responsabilité de l'entreprise.

L'anonymat du lanceur d'alerte est-il obligatoire ?+

La Loi Waserman exige la stricte confidentialité de l'identité du lanceur, de la personne visée et des faits. Elle impose également l'anonymat « lorsque cela est techniquement possible ». En pratique, mettre en place un canal qui anonymise par défaut (comme Ashio) est la meilleure manière de répondre à cette exigence.

Quelles sanctions en cas de non-conformité ?+

Les personnes morales (entreprises) encourent jusqu'à 250 000 € d'amende et les personnes physiques jusqu'à 1 an d'emprisonnement et 15 000 € d'amende. Le lanceur d'alerte victime de représailles peut obtenir la nullité de la mesure litigieuse et des dommages-intérêts, ainsi que la réintégration en cas de licenciement.

Comment mettre en place un canal conforme à la Loi Waserman ?+

Trois éléments sont nécessaires : un canal sécurisé accessible à tous (salariés, sous-traitants, candidats), un référent alerte formé, et une procédure documentée de traitement. Ashio fournit tout cela en quelques minutes : un canal anonyme prêt à l'emploi, conforme RGPD, CNIL et ISO 27001, avec accusé réception et suivi automatisés.

La Loi Waserman s'applique-t-elle aux associations et fondations ?+

Oui, dès lors qu'elles sont des personnes morales de droit privé employant au moins 50 salariés en France. Les associations et fondations plus petites restent toutefois encouragées à mettre en place un dispositif d'alerte, et sont soumises à des obligations spécifiques si elles gèrent des fonds publics ou accueillent du public vulnérable.

Puis-je faire un signalement en mon nom propre sans utiliser le canal anonyme ?+

Oui, la Loi Waserman prévoit que le signalement peut être nominatif. Le lanceur d'alerte bénéficie alors des mêmes protections qu'en cas d'anonymat. L'identité est traitée de manière strictement confidentielle par le seul référent alerte habilité. Toutefois, l'anonymat reste recommandé pour les lanceurs internes : il réduit fortement le risque de représailles et préserve la confidentialité du dossier.

La Loi Waserman s'applique-t-elle aux sociétés étrangères avec des salariés en France ?+

Oui, dès lors que la société a un établissement stable en France et y compte au moins 50 salariés (y compris les salariés détachés). Les seuils sont appréciés au niveau de l'entité juridique française, même si la société-mère est située à l'étranger. Une succursale française peut donc être tenue de mettre en place un référent alerte et un canal de signalement.

Conformité Waserman avec Ashio

Comment Ashio vous met en conformité Waserman en quelques minutes.

Ashio est un canal de signalement anonyme conçu pour la Directive UE 2019/1937 et la Loi Waserman. Conforme CNIL, RGPD, hébergé en Suisse (ISO 27001).

Réception sécurisée et anonyme

Formulaire chiffré sans IP, sans cookie, sans traceur tiers. Le lanceur d'alerte reste anonyme par conception.

Délais Waserman automatisés

Accusé réception sous 7 jours et retour d'information à 3 mois générés automatiquement par la plateforme.

Référent alerte outillé

Tableau de bord, gestion de cas, exports PDF pour la CNIL, audit trail complet et historique chiffré.

Conforme Sapin II, RGPD, ISO 27001

Compatible avec les obligations antérieures de Sapin II et les exigences européennes de la Directive UE.

En ligne en 10 minutes

Pas de projet IT, pas de sales call. Créez votre organisation, partagez le lien, commencez à recevoir des alertes.

Protection des lanceurs d'alerte

Anonymat par défaut, documentation de la protection, conservation de l'historique pour défendre le lanceur en cas de représailles. Waserman protège contre tout licenciement, mesure discriminatoire ou atteinte à la réputation.

Canal ouvert à tous les lanceurs

Salariés, sous-traitants, freelances, candidats et actionnaires. Waserman élargit la protection au-delà des seuls employés internes — Ashio permet à chaque profil d'accéder au canal depuis n'importe quel appareil.

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